Les abeilles

Les abeilles font partie de la classe des insectes et de l’ordre des Hyménoptères (tout comme les fourmis ou les guêpes).

A ce jour au moins 20 000 espèces d’abeilles sont répertoriées sur Terre (environ 1000 en Europe) la plus connu étant Apis mellifera, connu pour sa production de miel. A noter que la plus grande partie des abeilles ne produisent pas de miel et se nourrissent du nectar des plantes.

On peut différencier les abeilles en plusieurs groupes : les abeilles « domestiques » qui sont des espèces domestiquées par l’homme produisant du miel en opposition avec les abeilles « sauvage » ou « non domestiquées ». Le terme d’abeille « sociale » est employé pour les espèces vivant en colonies (comme les abeilles à miel) sinon on emploiera le terme « d’abeille solitaire » vivant seule ou formant des agrégats.

Les abeilles sociales

les abeilles sociales forment des colonies que l’on peut diviser en trois castes:

  • La reine : C’est la seul femelle fertile de la colonie. Au début une larve comme les autres mais qui est nourrie différemment et plus longtemps que les ouvrières la rendant si particulière. Apres sa naissance elle élimine les autres cellules à reine (car il ne peut y avoir qu’une reine par colonie). Elle effectue un vol nuptial au cours duquel elle s’accouple avec une dizaine de mâles pour remplir sa spermathèque, la rendant fertile pour toute la durée de sa vie! Une reine peut vivre entre 3 à 4 ans.

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    Au centre: une reine avec son abdomen plus long que celui des ouvrières
  • Les ouvrières : Sont des femelle non fertiles représentant la majorité de la population d’une colonie. Elles assurent toutes les tâches  nécessaires au sein de la colonie comme le nettoyage des cellules, la défense de la ruche, la récolte de pollen… Elles ont une durée de vie pouvant aller de quelques semaines en été à quelques mois en hiver.
  • Les mâles ou faux bourdons : A ce jour le seul rôle majeur connu des mâles dans une colonie est de féconder les reines lors du vol nuptial. Après l’accouplement les mâles meurent.

Une colonie peut normalement survivre plusieurs années si elle passe les hivers. Cependant ce temps de survie à fortement diminué depuis les années 80,  en partie avec l’arrivée du varroa en Europe, parasite de l’abeille, ou encore l’usage intempestif de pesticides. A ce jour les colonies d’abeilles sauvages se limitent aux quelques essaims échappés des ruches d’apiculteurs. Si elles ne sont pas récupérées par des apiculteurs, elles peuvent survivre au maximum 2 ans sans traitement.

L’essaimage

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Essaimage d’une colonie se posant sur une branche  avant de retrouver une nouvelle demeure.

l’essaimage représente une décision collective de division de la colonie. Elle a généralement lieux lorsque la population de la colonie devient trop importante. Mais pour que la division ait lieu, il faut créer une nouvelle reine. Les abeilles vont donc élever des cellules royales pour faire naître la nouvelle reine. Une fois les nouvelles cellules royales en place la ruche se sépare en deux groupes de force égale.

Une fois les conditions météorologiques favorables, le groupe de l’ancienne reine quitte la ruche pour s’installer sur un arbre à proximité de la ruche en attendant que les éclaireuses trouvent un nouveau refuge. Ceci fait, les abeilles s’en vont vers d’autres contrées.

L’essaimage est un caractère important pour les abeilles en milieu naturel car cela permet à l’espèce de survivre en colonisant de nouveaux milieux mais aussi en améliorant le brassage génétique. Cependant, ce phénomène n’est pas apprécié par les apiculteurs car ils y voient une perte de production. En effet cela divise les effectifs d’une ruche par deux et donc la quantité de miel pouvant être produit. Les apiculteurs vont donc tenter de limiter au maximum les facteurs d’essaimage.

Les infortunes des abeilles

Depuis les années 80, les apiculteurs ne cessent de recenser des pertes de ruches de plus en plus importantes. L’arrivée du Varroa en Europe, la loque américaine, le frelon asiatique ou encore l’usage massif de pesticides sont les facteurs majeurs responsables de ce déclin.

Le Varroa Destructor

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Ici un Varroa fixé au dessus de la tête de l’abeille

Le Varroa est un acarien parasite de l’abeille originaire d’Asie du Sud-Est. Les abeilles asiatiques vivent en équilibre avec et savent s’en débarrasser, contrairement aux abeilles européennes qui ont rencontré pour la première fois ce parasite dans les années 70. Cet acarien se fixe sur les nymphes ou les abeilles pour en extraire l’hémolymphe (rôle analogue au sang). Cela laisse donc des plaies ouvertes offrant une voie d’accès aux pathogènes, donnant souvent naissance à des malformations chez l’abeille. Les colonies ne survivent en général pas plus de 2 ans sans traitement contre ce parasite car il se développe rapidement et décime la colonie.

La sélection des apiculteurs

Tout comme pour les animaux d’élevage, ou encore les plantes cultivées, l’Homme a pratiqué au fil des générations une sélection des abeilles, en conservant les meilleurs individus Pour en augmenter le rendement, la résistance, la douceur, ou encore limiter la tendance à essaimer de ces dernières. Ces caractéristiques sont importantes pour les apiculteurs qui se doivent d’avoir des récoltes conséquentes pour leur permettre de vivre de leur activité. « Toute sélection signifie une diminution de la variabilité et, avec elle, une réduction de la faculté d’adaptation. » J. Louveaux INRA.

Cependant cela ne signifie pas toujours aider les abeilles car elles ne pourront survivre seules en milieu naturel. Elle ne savent plus gérer le stock de miel ou encore répondre à certaines miellées. Les abeilles deviennent donc plus rentables mais moins aptes à se débrouiller toute seules.

Les pesticides

Les pesticides les plus pointés du doigt sont les néonicotinoïdes. Ils désorientent les abeilles et de plus en plus d’apiculteurs retrouvent leurs ruches pleine de couvain et de miel mais sans les abeilles qui n’arrivent plus à retrouver la ruche. Cela mène donc inexorablement à la mort de la colonie.

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Monoculture

La monoculture est un problème majeur pour les abeilles. En effet les plantes cultivées ne sont pas de qualité suffisante pour les abeilles et le pollen n’est pas très riche en lipides ou protéines. Elles peuvent donc développer des carences et à terme leur capacité de récolte en est fortement impacté. En temps normal les abeilles ne vont même pas butiner ces plantes qui ne présentent pas un grand intérêt pour elles (par exemple le maïs).  parfois à perte (rapport énergie gagné sur énergie dépenser).

Frelon Asiatique

Loque américaine

 

 

 

 

 

 

 

Morphologie des abeilles

  • La vue sur 360° grâce à ses 2 yeux comptant chacun entre 4 000 à 6 000 facettes munies d’une lentille cornéenne, d’un cône cristallin et d’un nerf optique.
  •  Le toucher grâce à ses récepteurs sensoriels disposés sur tout le corps mais plus particulièrement avec ses antennes.

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    Schéma récapitulatif
  •  Le goût grâce à ses pattes antérieures sensibles aux solutions sucrées, ses antennes, et sa bouche.
  • L’ouïe grâce aux vibrations ressenties par les pattes arrière, et grâce aux antennes.
  • Les ailes d’une ouvrière en vol battent en moyenne 200 fois par seconde.
  • le dard lui permet de se défendre mais ne peut lui servir qu’une seule fois, en effet une partie de l’abdomen reste accroché au dard lors de la piqûre menant à la mort de l’abeille .
  • Une abeille ouvrière sans charge se déplace à 7,5 m/s contre 6,5 m/s avec charge.
  • Une butineuse fait en moyenne de 10 à 15 voyages par jour pour la récolte de nourriture.

références:

Yves Le Conte, « Le vol chez l’abeille Apis
Mellifera », Abeilles & fleurs n° 648, mars
2004.

 

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